パリにおける仕事・日常生活の忘れな草


by vwpolopolopolo
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2006年 08月 09日 ( 2 )

昨日のBBCと仏外相のやりとり模様のフランス語版が仏外務省サイトにありましたので記録のため以下貼り付けています。(サイト)

【SITUATION AU PROCHE-ORIENT
ENTRETIEN DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES,
M. PHILIPPE DOUSTE-BLAZY,
AVEC "BBC"

(Paris, 3 août 2006)

Q - (We are 3 weeks into this conflict, almost a thousand people have died. We were expecting a UN resolution this week at the United Nations, why is it taking so long ?). Nous sommes à la troisième semaine de ce conflit, près d'un millier de personnes sont mortes. Nous attendions une résolution des Nations unies cette semaine, pourquoi cela prend-il autant de temps ?

R – Nous souhaitons le plus vite possible une résolution du Conseil de
sécurité. Et d'ailleurs, nous avons fait une proposition, actuellement en
circulation entre les différents pays, qui présente un calendrier
diplomatique précis, à commencer par une cessation immédiate des hostilités.

Q - (So you are frustated by how long it's taking ?) Alors vous êtes déçu par le temps que cela prend ?

R - Vous savez, lorsque l'on connaît les chiffres que vous êtes en train
d'évoquer : un million de personnes déplacées, 210.000 réfugiés, des
centaines de morts, des drames comme celui de Cana, une violence
extraordinaire à Haïfa, due au Hezbollah. On a envie de se dire que toutes
les heures passées, sont des heures perdues.

Q - (So why is it taking so long ? Is it the United States and Britain
dragging their feet in order to buy time for the Israelis ?) Alors, pourquoi
cela prend-il autant de temps ? Est-ce que les Etats-Unis et le Royaume-Uni essaient de gagner du temps pour les Israéliens ?

R - En tout cas j'ai vu avec plaisir, il y a deux jours à Bruxelles, que
l'ensemble de l'Union européenne, y compris le Royaume-Uni, était d'accord pour dire qu'il fallait une cessation immédiate des hostilités.
Je remercie Margarett Becket d'avoir œuvré pour cela...

Q - (But they didn't call for a cease-fire.) Mais ils n'ont pas demandé un
cessez-le-feu...

R - ...Car il faut bien différencier les choses : cessation immédiate des
hostilités - ce qui est bien inscrit dans la résolution française – et accord
politique nécessaire pour avoir un cessez-le-feu durable.
Ne jouons pas sur les mots. Lorsque vous êtes sur le terrain, lorsque vous
recevez les missiles du Hezbollah à Haïfa ou que vous recevez des bombes israéliennes au Liban-Sud, il est évident que vous voulez que cela s'arrête. Il faut une cessation immédiate des combats. C'est ce que nous demandons en premier.

Q - (Indeed, semantic about cessation of hostilities or immediate cease-fire is merely semantic. Going back to my question, are you of the opinion that the Americans and the Britishs are dragging their feet at the United Nations in other to buy time for the Israelis ?) En fait, c'est une question de sémantique entre cessation des hostilités et cessez-le-feu immédiat. Revenons à ma question, avez-vous l'impression que les Américains et les Britanniques traînent des pieds aux Nations unies pour gagner du temps pour les Israéliens?

R - En tout cas nous travaillons actuellement ensemble, en particulier avec
les Américains, pour trouver un accord le plus vite possible, pour cette
résolution.

Q - (I understand what you would like, Minister. But, what do you analyze is going on right now, are they dragging their feet ?) Je comprends ce que vous voulez, Monsieur le Ministre. Mais d'après votre analyse, est-ce qu'ils
traînent des pieds ?

R - Nous avons travaillé toute la nuit, avec les Américains, pour essayer de
trouver une solution. En vérité où cela bute-t-il ? Cela bute sur un sujet très précis. Nous pensons qu'il n'est pas possible d'envoyer une force multinationale sous mandat de l'ONU, alors qu'il n'y a pas d'accord politique entre toutes les parties qui permette un cessez-le-feu durable. Autrement dit, nous ne voulons pas que nos militaires aillent désarmer le Hezbollah. Tout simplement parce que la solution purement militaire n'est pas possible. Israël s'en rend compte aujourd'hui.

Q - (And yet, the Israeli Prime minister says : "I'll be ready to answer a
cease-fire when international forces are deployed." So, which is going to
come first, a cease-fire or the forces ?) Et pourtant, le Premier ministre
israélien a dit : "Je suis prêt à accepter un cessez-le-feu quand les forces
internationales seront déployés." Alors, qu'est-ce qui va venir en premier ?
Le cessez-le-feu ou les forces internationales ?

R - C'est exactement ce que je veux vous dire. C'est le sujet actuel.
Certains voudraient que l'armée israélienne puisse s'arrêter et qu'elle soit
remplacée par une force internationale chargée de faire appliquer la
résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies, c'est-à-dire le
désarmement du Hezbollah. Mais je vous le répète, et je vous le répèterai probablement encore pendant les prochaines minutes : nous ne pensons pas qu'il existe une solution purement militaire au désarmement du Hezbollah. Pourquoi ? On s'en rend compte aujourd'hui, les Israéliens qui connaissent chaque mètre carré de cette région du monde n'y arrivent pas rapidement et facilement. Comment voulez-vous qu'une armée étrangère, qui ne connaît pas le terrain aussi bien que l'armée israélienne, puisse y arriver ? A l'inverse, nous pensons que nous pouvons participer à une force internationale dès l'instant où il y aura
un accord politique.

Q - (You said you were going to participate, are you going to lead it ?) Vous avez dit que vous allez y participer. Allez-vous la commander ?

R - Nous sommes prêts, le moment venu, au moment où il y aura un accord
politique, à participer à cette force. J'ai vu que les Britanniques et les
Américains ne souhaitaient pas y participer, tout comme les Allemands. Nous, parce que nous avons des relations séculaires, historiques, de cœur, avec le Liban, nous pensons que nous pourrions y participer à une condition, permettez-moi de le redire : qu'il y ait d'abord un accord politique. Il faut un préalable, car sinon, c'est mettre le doigt dans un engrenage extrêmement dangereux. Nous ne voulons pas vivre une situation à l'irakienne. Ce qui se passe en Irak, ce n'est rien d'autre qu'une communautarisation du conflit. Nous n'en voulons pas.

Q - (Well on that question, how much stomach does the French public have for all of this, because in 1983 many people will remember the 58 French paratroopers who died in a terrorist attack ?) Justement sur cette question, jusqu'à quel point l'opinion publique française pourrait endurer cela, car beaucoup de monde se souviendra de la mort de 58 militaires français dans une attaque terroriste en 1983.

R - Aujourd'hui, nous sommes dans une situation radicalement différente.
C'est bien tout le problème. Ce qui se passe dans le monde, depuis trois ou quatre ans - et je m'en suis rendu compte puisque je suis allé trois fois en dix jours à Beyrouth, lorsque j'ai fait une tourné au Proche-Orient - c'est une radicalisation de plus en plus forte des opinions publiques, des deux côtés, que ce soit l'opinion publique arabe, ou que ce soit l'opinion
publique israélienne. Attention à ne pas transformer progressivement ce conflit, après une déstabilisation du Liban, en un conflit entre le monde musulman et l'Occident. C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas voulu que le force multinationale soit commandée par l'Otan, comme cela avait été demandé au départ par certains. Nous préférons que ce soit une force multinationale sous mandat de l'ONU. Attention à ne pas provoquer une guerre de civilisations.

Q - (I hear you on that point. Now what about then the constitution of the
forces, do you need Muslim troops, if this is not going to turn into
something that people in the region would see as war civilizations ?) Je vous ai compris sur ce point. Maintenant quant à la constitution de la force
internationale, allez-vous intégrer des troupes islamiques, si vous ne voulez pas que cette guerre soit vue dans la région comme une guerre de
civilisations ?

R - C'est évident. Il faudra que les troupes présentes dans cette force
multinationale ne soient pas uniquement européennes. Il faudra trouver des forces qui font partie du monde musulman modéré.

Q - (You said you are going to help the Lebanese disarm Hizbolah last year, resolution 1559, everyone was behind it. That was not a position of conflict, when not a thousand have died. How possible is it going to be now ? The Lebanese govnerment is not simply in position to disarm Hizbolah.) Vous avez dit que vous alliez aider les Libanais à désarmer le Hezbollah l'année dernière, dans la résolution 1559, tout le monde était d'accord. Ce n'était pas une situation de conflit, ce n'était pas une situation où mille personnes sont mortes. Comment cela peut être possible maintenant ? Le gouvernement libanais n'est simplement pas en position de désarmer le Hezbollah.

R - Nous avons été les co-auteurs de la résolution 1559, avec les Américains, essentiellement. Je peux donc vous dire que tout le monde connaît l'objectif, qui est le désarmement du Hezbollah. Les moyens sont politiques, ils ne sont pas militaires. Nous l’avons écrit dans la résolution 1559. Vous avez raison: le gouvernement Siniora n'a pas été capable de mettre en œuvre la résolution 1559. En revanche, le gouvernement Siniora vient d'établir un plan en sept points qui a été accepté à l'unanimité par tous les membres du gouvernement libanais, y compris par les membres du Hezbollah. Ce sont les Accords de Taëf, qui prévoient, notamment, le désarmement des milices. Bien entendu, on peut dire que le Hezbollah est d'accord, puisqu'il participe aujourd'hui au gouvernement libanais.

Q - (So this is a terrorist organization which has to be disarm. In the words of George Bush, saying the root cause of the current instability is terrorism and terrorism's attacks on the democratic country. The world must deal with Hezbollah.) C'est une organisation terroriste qui doit être désarmée. D'après George Bush, l'origine de cette instabilité est le terrorisme et les attaques terroristes sur un pays démocrate. Le monde doit prendre en compte le Hezbollah?

R - J'observe d'abord avec plaisir qu'aux Etats-Unis, il y a eu à plusieurs
reprises, cette année, des articles à la une des journaux, pour expliquer que la France était un des plus grands alliés, sinon le plus grand allié des
Etats-Unis, dans la lutte contre le terrorisme. Mon pays est donc totalement mobilisé dans la lutte contre le terrorisme. Mais si vous voulez éviter le terrorisme, la meilleure solution, c'est déjà de comprendre la civilisation, la culture, d'écouter les plaintes, les humiliations et les peurs des pays d'où elles viennent. C'est important.

Q - (And do the American understand all of that ?) Est-ce que les Américains comprennent tout cela?

R – Je l'espère, et de toute façon on est obligé de le comprendre. Je me
souviens d'ailleurs du discours de Condoleezza Rice à l'université du Caire,
sur la diversité culturelle, l'échange nécessaire entre les civilisations. La
guerre des civilisations, la guerre des cultures est quelque chose qui nous
menace. Il ne faut pas y croire, il faut la combattre au maximum, d'abord par des moyens politiques.

Q - (It sounds like it's going to take a long time, when do you going to get
the forces on the ground ?) Il semble que cela va prendre du temps. Quand allez-vous avoir la force internationale en place?

R - C'est la raison pour laquelle nous sommes sur le terrain, Condoleezza
Rice, les autres ministres des Affaires étrangères. Parce que tant qu'il y
aura un espoir de paix, il faut le poursuivre.】

(その2へ続く)
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by vwpolopolopolo | 2006-08-09 21:30 | 日常生活
その1からの続きで、仏外務省サイトからの抜粋です。

【Q - (I hear all that, Minister. But when do you expect to get the military
force on the ground ? It's all very well to say you are working day and night in diplomacy is doing its things. But what about the actual military force that going to keep these two sides apart ?) Je comprends tout cela, Monsieur le Ministre. Mais quand espérez-vous avoir cette force militaire en place? C'est très bien de dire que vous travaillez jour et nuit pour aboutir à un résultat. Mais qu'en est-il de l'actuelle force militaire qui maintiendra ces deux parties séparées?

R - Il n'y aura pas de forces militaires françaises tant qu'il n'y aura pas
d'accord politique. Je croyais que vous m'aviez compris, car c'est ce que je
répète depuis le début de l'émission. Il n'y aura pas de forces militaires
françaises tant qu'il n'y aura pas d'accord politique et de cessez-le-feu
durable. J'ai rencontré le ministre des Affaires étrangères iranien l'autre jour à Beyrouth…

Q - (I understand the conditions that apply to place those force on the
ground. The question I am asking you for is a prediction for when all of that will be in place. If I am a Lebanese civilian, when can I expect to see that international force ?) Je comprends toutes les conditions qui doivent
s'appliquer pour mettre en place cette force. Ce que je vous demande c'est une estimation de la date à laquelle tout cela sera en place. Si je suis un civil libanais, quand dois-je espérer voir la force internationale ?

R - Je crois que l'idéal, pour un civil libanais, serait qu'il n'y ait pas de
guerre sur son sol. Je suis sûr que c'est la meilleure chose pour lui. Pour
les Libanais, actuellement il faut essayer d'ouvrir des corridors
humanitaires sécurisés, ce qui n'est pas le cas. Nous demandons aux autorités israéliennes de ne pas bombarder les convois humanitaires. Nous demandons aux autorités israéliennes d'autoriser l'ouverture de corridors humanitaires dans le sud, en particulier vers Tyr et vers Naqoura. Nous demandons aux autorités israéliennes d'ouvrir des corridors terrestres entre le sud et Beyrouth. C'est ce qu'attendent les civils libanais aujourd'hui.

Q - (These are your demands, but are your effectively giving Israel a veto on this force ? The Israelis are saying : "no cease-fire until the force". You
are saying : "no force until the cease-fire". Until the Israelis decide that
they are ready, then nothing can happen.) C'est votre demande, mais
donnez-vous effectivement à Israël un droit de veto sur cette force ? Les
Israéliens disent : "pas de cessez-le-feu avant la force". Vous dites : "pas
de force avant le cessez-le-feu". Avant que les Israéliens décident qu'ils
sont prêts, rien ne peut arriver.

R - Je vois avec plaisir que les Américains aujourd'hui commencent à se
rallier à l'idée d'une cessation des hostilités. D'ailleurs nous ne pouvons
pas faire autrement et je vois que Margarett Becket, avant-hier à Bruxelles, a demandé une cessation immédiate des hostilités, ce qui n'avait pas été le cas à Rome. Je sens - même si les Israéliens ne le souhaitent pas - que la communauté internationale, de plus en plus, de manière généralisée le demande. Parce que les images que nous voyons à la télévision, les victimes civiles, ces enfants de Cana, d'Haïfa et d'ailleurs, sont inacceptables.

Q - (Everyone can see them. You mention the European Foreign ministers'
meeting, you mention Margaret Beckett, the Germans side with the British, are you disappointed ?) Chacun peut le voir. Vous avez parlé de la réunion des ministres des Affaires étrangères européens, vous avez cité Margaret Beckett, les Allemands se sont alignés sur les Britanniques, êtes-vous déçu?

R - Absolument pas. Je pense au contraire que les Allemands et les
Britanniques - et je voudrais les en remercier - ont accepté le texte de la
présidence finlandaise, qui est très proche, comme vous le savez, du projet de la résolution française. C'est-à-dire : cessation des hostilités, accord politique et force internationale. Cette réunion de l'Union européenne à Bruxelles constitue un élément majeur.

Q - (Did you go to Beirut earlier this week because you wanted to make a
point about France being welcomed where the United States were not ?)
Etes-vous allé à Beyrouth en début de semaine pour montrer que la France était la bienvenue là où les Etats-Unis ne le sont pas?

R - Pas du tout. On travaille conjointement avec les Américains. Il n'y a pas
de compétition, mais, bien au contraire une envie de travailler ensemble. Et il est vrai qu'il est bon d'échanger nos points de vue, et c'est ce que nous faisons actuellement au Conseil de sécurité. C'est ce que j'ai pu entendre à Beyrouth, la première fois, mais également au Caire, à Amman, c'est ce que M. Moussa, le Secrétaire général de la Ligue arabe m'a dit : je crois qu'il est important que l'on échange les points de vue, et que l'on puisse présenter très vite une résolution commune aux Conseil de sécurité des Nations unies

Q - (One of the things that you did do when you were in Beirut is to meet the Iranian Foreign minister. You said Iran was a stabilizing force. How can Iran be a stabilizing force when it's arming Hezbollah ?) Une des choses que vous avez faites quand vous étiez à Beyrouth était de rencontrer le ministre des Affaires étrangères iranien. Vous avez dit que l'Iran est un élément stabilisateur. Comment pouvez-vous dire que l'Iran est un élément stabilisateur alors qu'il arme le Hezbollah?

R - Non, ce que j'ai dit, et ce qui me paraît important aujourd'hui, c'est de
préciser mes propos sur l'Iran. Le président de la République, Jacques Chirac l'a dit le 26 juillet, l'Iran a une part de responsabilité dans ce conflit.
Je dis par conséquent qu'il détient une partie de la solution. L'Iran veut apparaître comme un pays qui joue un rôle important. Je lui dis:
"prenez vos responsabilités". Je voudrais expliquer les choses. Je crois
qu'il faut parler aujourd'hui à l'Iran pour lui dire : "vous avez une
occasion de montrer que vous voulez retisser des liens de confiance avec la communauté internationale. Si vous ne le faites pas, il est évident que ce sera terminé". La France, alors qu'elle préside le Conseil de sécurité des Nations unies, a demandé à ce dernier de prendre des sanctions contre l'Iran s'il ne répondait pas positivement à ce que nous leur proposons sur le dossier nucléaire.

Q - (And yet, George Bush said Iran must be isolated. The Iranian president talks of wiping Israel of the map, he talks of a war of destiny, he talks of the anhilation of the Zionist regime, is it realistic to bring the Iranians into the fold at this point ?) Et pourtant, George Bush dit qu'il faut isoler l'Iran. Le président iranien parle d'effacer Israël de la carte, il parle d'une guerre il parle d'annihiler le régime sionniste, est-ce réaliste
d'amener les Iraniens...

R - Nous avons été choqué par les paroles de M. Ahmadinejad et nous les avons condamnées. J'ai été le premier ministre des Affaires étrangères occidental à condamner les propos de M. Ahmadinejad. Au moment où nous parlons, nous sommes peut-être à quelques jours d'un embrasement terrible. Il faut donc tout faire pour expliquer à tous les acteurs concernés, et donc à l'Iran, qu'il faut prôner la désescalade et, surtout, tisser des liens de confiance entre l'Iran et la communauté internationale sur le dossier israélo-libanais, sur le dossier nucléaire, tant qu'il est temps. Les Américains et les Britanniques sont d'accord avec nous lorsque nous faisons des propositions positives à l'Iran. Il faut donc être cohérent. Il faut jusqu'au 22 août, tant que les Iraniens n'ont pas refusé nos propositions, tant que la main de la communauté internationale est tendue, il faut qu'ils la prennent. S'ils ne la prennent pas, évidemment ce serait très grave. Il faut être ferme et très rigoureux sur le suivi du dossier iranien.

Q - (And yet is it realistic ? Because the iranian president talks about a
Jihad against the United States and George Bush and Tony Blair are talking about an elemental struggle, a battle against global extremism. Is it what we've seen between Israel and Hezbollah, is it actually a proxy war between the United States and Iran or even bigger, between the West and militant Islam ?) Et pourtant est-ce réaliste ? Parce que le président iranien parle d'une guerre contre les Etats-Unis et George Bush et Tony Blair parlent d'un conflit, une bataille contre l'extrémisme global. Ce que nous avons vu entre Israël et le Hezbollah, est-ce une guerre de proximité entre les Etats-Unis et l'Iran ou, encore plus encore, entre l'Ouest et l'islam militant?

R - C'est ce que je vous disais à l'instant. Il faut à tout prix éviter cela.
Ce serait une catastrophe absolue. Permettez-moi de vous dire qu'avant de parler de cela, il faut tout faire pour l'éviter. Il faut les rencontrer et
leur dire qu'ils doivent choisir entre d'un côté l'affrontement dont vous
parlez, qui aurait des conséquences dramatiques pour des dizaines d'années, et la paix, la confiance entre nous. Mon rôle aujourd'hui, celui de tous les ministres des Affaires étrangères et de la communauté internationale est de leur dire : "prenez notre main tant qu'il est temps". Sinon ce serait le début des sanctions sous le chapitre VII, article 41 de la Charte des Nations unies.

Q - (Tony Blair says it is a moment to turn this tragedy into a moment of
opportunity. Condoleezza Rice talks about the job being to lay the ground
work for an enduring peace. Are they right ? Is it what is possible now, a
transformative moment ?) Tony Blair dit que c'est le moment de changer cette tragédie en moment de chance. Condoleezza Rice dit qu'il faut travailler afin de poser les pierres d'une paix durable. Est-ce maintenant possible, un moment de changement?

R - C'est un moment absolument capital, car on voit bien qu'il peut tourner à l'affrontement dont vous parlez entre l'Occident et le monde musulman. Ou, au contraire, cela peut être l'occasion d'établir un très grand plan, politique et économique. Il ne faut pas oublier une chose : le Hamas dans les Territoires palestinien, et le Hezbollah dans les territoires libanais,
tirent leur popularité de la pauvreté et de l'humiliation de la population.
Nous avons donc intérêt à aider l'Autorité palestinienne de Mahmmoud Abbas; nous avons intérêt à aider le gouvernement de Fouad Siniora. Nous avons surtout intérêt à donner de l'aide aux écoles, aux universités, à la formation de la jeunesse, à la santé publique. Par conséquent, il faut de l'argent. L'argent de l'Occident, mais aussi, permettez-moi de le dire ici, l'argent des pays arabes du Golfe, qui doivent aussi comprendre qu'il faut aider ces pays.

Q - (But if I understand Tony Blair and Condoleezza Rice, their point is that
this lebanese problem is part of a bigger problem that without attempting to restore Irak, the palestinian issue, Iran's nuclear issue, there will be no
enduring peace for Lebanon.) Mais si je comprends bien Tony Blair et
Condoleezza Rice, ils pensent que ce problème libanais fait partie d'un
problème plus important qui est que si l'on ne résout pas la guerre en Irak, le problème palestinien et le problème du nucléaire iranien, il n'y aura pas de paix durable pour le Liban.

R - Justement, c'est bien la raison pour laquelle je crois qu'il faut revenir
à ce que l'on disait au début. Il y a ceux qui pensent que ce pourrait être
une solution militaire. Croyez-vous vraiment à une solution militaire, entre
d'un côté l'Occident et, de l'autre, le monde musulman ? Ce serait absolument dramatique. Et j'espère que personne ne peut penser que c'est une solution. Il faut en revanche favoriser l'échange, la connaissance, le respect, y compris avec ceux qui sont les plus éloignés. Il faut prêcher cela jusqu'au bout. La France, le président Chirac a toujours porté ce message. Il faut donc d'abord un accord politique. Nous devons aider les Libanais à y parvenir et ensuite, évidemment, s'il y a un affrontement, dû à ceux qui ne comprennent rien à cette démarche, il faudra en tirer les leçons. Mais ce serait dramatique.

Q - (And so finally, one word, a date for a ceasefire, a date for troops
being on the ground, those international troops ?) Et enfin, un dernier mot, une date pour un cessez-le-feu, une date pour des troupes sur le terrain, cette force internationale?

R - Nous travaillons jour et nuit pour que le cessez-le-feu durable puisse
intervenir le plus vite possible. J'y crois plus que jamais, après ma tournée
au Proche-Orient, après mon retour de Beyrouth. Je ne peux pas vous donner de date, mais je peux vous dire simplement que je pense que ce sera le plus rapidement possible. Je vois avec plaisir, à la fin de cette émission, que vous évoquez un cessez-le-feu et une force internationale. C'est exactement le message que je voulais délivrer./.】
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by vwpolopolopolo | 2006-08-09 21:25 | 日常生活