パリにおける仕事・日常生活の忘れな草


by vwpolopolopolo
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フランス外務大臣の論陣(仏外務省サイトから抜粋その2)

その1からの続きで、仏外務省サイトからの抜粋です。

【Q - (I hear all that, Minister. But when do you expect to get the military
force on the ground ? It's all very well to say you are working day and night in diplomacy is doing its things. But what about the actual military force that going to keep these two sides apart ?) Je comprends tout cela, Monsieur le Ministre. Mais quand espérez-vous avoir cette force militaire en place? C'est très bien de dire que vous travaillez jour et nuit pour aboutir à un résultat. Mais qu'en est-il de l'actuelle force militaire qui maintiendra ces deux parties séparées?

R - Il n'y aura pas de forces militaires françaises tant qu'il n'y aura pas
d'accord politique. Je croyais que vous m'aviez compris, car c'est ce que je
répète depuis le début de l'émission. Il n'y aura pas de forces militaires
françaises tant qu'il n'y aura pas d'accord politique et de cessez-le-feu
durable. J'ai rencontré le ministre des Affaires étrangères iranien l'autre jour à Beyrouth…

Q - (I understand the conditions that apply to place those force on the
ground. The question I am asking you for is a prediction for when all of that will be in place. If I am a Lebanese civilian, when can I expect to see that international force ?) Je comprends toutes les conditions qui doivent
s'appliquer pour mettre en place cette force. Ce que je vous demande c'est une estimation de la date à laquelle tout cela sera en place. Si je suis un civil libanais, quand dois-je espérer voir la force internationale ?

R - Je crois que l'idéal, pour un civil libanais, serait qu'il n'y ait pas de
guerre sur son sol. Je suis sûr que c'est la meilleure chose pour lui. Pour
les Libanais, actuellement il faut essayer d'ouvrir des corridors
humanitaires sécurisés, ce qui n'est pas le cas. Nous demandons aux autorités israéliennes de ne pas bombarder les convois humanitaires. Nous demandons aux autorités israéliennes d'autoriser l'ouverture de corridors humanitaires dans le sud, en particulier vers Tyr et vers Naqoura. Nous demandons aux autorités israéliennes d'ouvrir des corridors terrestres entre le sud et Beyrouth. C'est ce qu'attendent les civils libanais aujourd'hui.

Q - (These are your demands, but are your effectively giving Israel a veto on this force ? The Israelis are saying : "no cease-fire until the force". You
are saying : "no force until the cease-fire". Until the Israelis decide that
they are ready, then nothing can happen.) C'est votre demande, mais
donnez-vous effectivement à Israël un droit de veto sur cette force ? Les
Israéliens disent : "pas de cessez-le-feu avant la force". Vous dites : "pas
de force avant le cessez-le-feu". Avant que les Israéliens décident qu'ils
sont prêts, rien ne peut arriver.

R - Je vois avec plaisir que les Américains aujourd'hui commencent à se
rallier à l'idée d'une cessation des hostilités. D'ailleurs nous ne pouvons
pas faire autrement et je vois que Margarett Becket, avant-hier à Bruxelles, a demandé une cessation immédiate des hostilités, ce qui n'avait pas été le cas à Rome. Je sens - même si les Israéliens ne le souhaitent pas - que la communauté internationale, de plus en plus, de manière généralisée le demande. Parce que les images que nous voyons à la télévision, les victimes civiles, ces enfants de Cana, d'Haïfa et d'ailleurs, sont inacceptables.

Q - (Everyone can see them. You mention the European Foreign ministers'
meeting, you mention Margaret Beckett, the Germans side with the British, are you disappointed ?) Chacun peut le voir. Vous avez parlé de la réunion des ministres des Affaires étrangères européens, vous avez cité Margaret Beckett, les Allemands se sont alignés sur les Britanniques, êtes-vous déçu?

R - Absolument pas. Je pense au contraire que les Allemands et les
Britanniques - et je voudrais les en remercier - ont accepté le texte de la
présidence finlandaise, qui est très proche, comme vous le savez, du projet de la résolution française. C'est-à-dire : cessation des hostilités, accord politique et force internationale. Cette réunion de l'Union européenne à Bruxelles constitue un élément majeur.

Q - (Did you go to Beirut earlier this week because you wanted to make a
point about France being welcomed where the United States were not ?)
Etes-vous allé à Beyrouth en début de semaine pour montrer que la France était la bienvenue là où les Etats-Unis ne le sont pas?

R - Pas du tout. On travaille conjointement avec les Américains. Il n'y a pas
de compétition, mais, bien au contraire une envie de travailler ensemble. Et il est vrai qu'il est bon d'échanger nos points de vue, et c'est ce que nous faisons actuellement au Conseil de sécurité. C'est ce que j'ai pu entendre à Beyrouth, la première fois, mais également au Caire, à Amman, c'est ce que M. Moussa, le Secrétaire général de la Ligue arabe m'a dit : je crois qu'il est important que l'on échange les points de vue, et que l'on puisse présenter très vite une résolution commune aux Conseil de sécurité des Nations unies

Q - (One of the things that you did do when you were in Beirut is to meet the Iranian Foreign minister. You said Iran was a stabilizing force. How can Iran be a stabilizing force when it's arming Hezbollah ?) Une des choses que vous avez faites quand vous étiez à Beyrouth était de rencontrer le ministre des Affaires étrangères iranien. Vous avez dit que l'Iran est un élément stabilisateur. Comment pouvez-vous dire que l'Iran est un élément stabilisateur alors qu'il arme le Hezbollah?

R - Non, ce que j'ai dit, et ce qui me paraît important aujourd'hui, c'est de
préciser mes propos sur l'Iran. Le président de la République, Jacques Chirac l'a dit le 26 juillet, l'Iran a une part de responsabilité dans ce conflit.
Je dis par conséquent qu'il détient une partie de la solution. L'Iran veut apparaître comme un pays qui joue un rôle important. Je lui dis:
"prenez vos responsabilités". Je voudrais expliquer les choses. Je crois
qu'il faut parler aujourd'hui à l'Iran pour lui dire : "vous avez une
occasion de montrer que vous voulez retisser des liens de confiance avec la communauté internationale. Si vous ne le faites pas, il est évident que ce sera terminé". La France, alors qu'elle préside le Conseil de sécurité des Nations unies, a demandé à ce dernier de prendre des sanctions contre l'Iran s'il ne répondait pas positivement à ce que nous leur proposons sur le dossier nucléaire.

Q - (And yet, George Bush said Iran must be isolated. The Iranian president talks of wiping Israel of the map, he talks of a war of destiny, he talks of the anhilation of the Zionist regime, is it realistic to bring the Iranians into the fold at this point ?) Et pourtant, George Bush dit qu'il faut isoler l'Iran. Le président iranien parle d'effacer Israël de la carte, il parle d'une guerre il parle d'annihiler le régime sionniste, est-ce réaliste
d'amener les Iraniens...

R - Nous avons été choqué par les paroles de M. Ahmadinejad et nous les avons condamnées. J'ai été le premier ministre des Affaires étrangères occidental à condamner les propos de M. Ahmadinejad. Au moment où nous parlons, nous sommes peut-être à quelques jours d'un embrasement terrible. Il faut donc tout faire pour expliquer à tous les acteurs concernés, et donc à l'Iran, qu'il faut prôner la désescalade et, surtout, tisser des liens de confiance entre l'Iran et la communauté internationale sur le dossier israélo-libanais, sur le dossier nucléaire, tant qu'il est temps. Les Américains et les Britanniques sont d'accord avec nous lorsque nous faisons des propositions positives à l'Iran. Il faut donc être cohérent. Il faut jusqu'au 22 août, tant que les Iraniens n'ont pas refusé nos propositions, tant que la main de la communauté internationale est tendue, il faut qu'ils la prennent. S'ils ne la prennent pas, évidemment ce serait très grave. Il faut être ferme et très rigoureux sur le suivi du dossier iranien.

Q - (And yet is it realistic ? Because the iranian president talks about a
Jihad against the United States and George Bush and Tony Blair are talking about an elemental struggle, a battle against global extremism. Is it what we've seen between Israel and Hezbollah, is it actually a proxy war between the United States and Iran or even bigger, between the West and militant Islam ?) Et pourtant est-ce réaliste ? Parce que le président iranien parle d'une guerre contre les Etats-Unis et George Bush et Tony Blair parlent d'un conflit, une bataille contre l'extrémisme global. Ce que nous avons vu entre Israël et le Hezbollah, est-ce une guerre de proximité entre les Etats-Unis et l'Iran ou, encore plus encore, entre l'Ouest et l'islam militant?

R - C'est ce que je vous disais à l'instant. Il faut à tout prix éviter cela.
Ce serait une catastrophe absolue. Permettez-moi de vous dire qu'avant de parler de cela, il faut tout faire pour l'éviter. Il faut les rencontrer et
leur dire qu'ils doivent choisir entre d'un côté l'affrontement dont vous
parlez, qui aurait des conséquences dramatiques pour des dizaines d'années, et la paix, la confiance entre nous. Mon rôle aujourd'hui, celui de tous les ministres des Affaires étrangères et de la communauté internationale est de leur dire : "prenez notre main tant qu'il est temps". Sinon ce serait le début des sanctions sous le chapitre VII, article 41 de la Charte des Nations unies.

Q - (Tony Blair says it is a moment to turn this tragedy into a moment of
opportunity. Condoleezza Rice talks about the job being to lay the ground
work for an enduring peace. Are they right ? Is it what is possible now, a
transformative moment ?) Tony Blair dit que c'est le moment de changer cette tragédie en moment de chance. Condoleezza Rice dit qu'il faut travailler afin de poser les pierres d'une paix durable. Est-ce maintenant possible, un moment de changement?

R - C'est un moment absolument capital, car on voit bien qu'il peut tourner à l'affrontement dont vous parlez entre l'Occident et le monde musulman. Ou, au contraire, cela peut être l'occasion d'établir un très grand plan, politique et économique. Il ne faut pas oublier une chose : le Hamas dans les Territoires palestinien, et le Hezbollah dans les territoires libanais,
tirent leur popularité de la pauvreté et de l'humiliation de la population.
Nous avons donc intérêt à aider l'Autorité palestinienne de Mahmmoud Abbas; nous avons intérêt à aider le gouvernement de Fouad Siniora. Nous avons surtout intérêt à donner de l'aide aux écoles, aux universités, à la formation de la jeunesse, à la santé publique. Par conséquent, il faut de l'argent. L'argent de l'Occident, mais aussi, permettez-moi de le dire ici, l'argent des pays arabes du Golfe, qui doivent aussi comprendre qu'il faut aider ces pays.

Q - (But if I understand Tony Blair and Condoleezza Rice, their point is that
this lebanese problem is part of a bigger problem that without attempting to restore Irak, the palestinian issue, Iran's nuclear issue, there will be no
enduring peace for Lebanon.) Mais si je comprends bien Tony Blair et
Condoleezza Rice, ils pensent que ce problème libanais fait partie d'un
problème plus important qui est que si l'on ne résout pas la guerre en Irak, le problème palestinien et le problème du nucléaire iranien, il n'y aura pas de paix durable pour le Liban.

R - Justement, c'est bien la raison pour laquelle je crois qu'il faut revenir
à ce que l'on disait au début. Il y a ceux qui pensent que ce pourrait être
une solution militaire. Croyez-vous vraiment à une solution militaire, entre
d'un côté l'Occident et, de l'autre, le monde musulman ? Ce serait absolument dramatique. Et j'espère que personne ne peut penser que c'est une solution. Il faut en revanche favoriser l'échange, la connaissance, le respect, y compris avec ceux qui sont les plus éloignés. Il faut prêcher cela jusqu'au bout. La France, le président Chirac a toujours porté ce message. Il faut donc d'abord un accord politique. Nous devons aider les Libanais à y parvenir et ensuite, évidemment, s'il y a un affrontement, dû à ceux qui ne comprennent rien à cette démarche, il faudra en tirer les leçons. Mais ce serait dramatique.

Q - (And so finally, one word, a date for a ceasefire, a date for troops
being on the ground, those international troops ?) Et enfin, un dernier mot, une date pour un cessez-le-feu, une date pour des troupes sur le terrain, cette force internationale?

R - Nous travaillons jour et nuit pour que le cessez-le-feu durable puisse
intervenir le plus vite possible. J'y crois plus que jamais, après ma tournée
au Proche-Orient, après mon retour de Beyrouth. Je ne peux pas vous donner de date, mais je peux vous dire simplement que je pense que ce sera le plus rapidement possible. Je vois avec plaisir, à la fin de cette émission, que vous évoquez un cessez-le-feu et une force internationale. C'est exactement le message que je voulais délivrer./.】
[PR]
by vwpolopolopolo | 2006-08-09 21:25 | 日常生活