パリにおける仕事・日常生活の忘れな草


by vwpolopolopolo
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フランス外務大臣の論陣(仏外務省サイトから抜粋その1)

昨日のBBCと仏外相のやりとり模様のフランス語版が仏外務省サイトにありましたので記録のため以下貼り付けています。(サイト)

【SITUATION AU PROCHE-ORIENT
ENTRETIEN DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES,
M. PHILIPPE DOUSTE-BLAZY,
AVEC "BBC"

(Paris, 3 août 2006)

Q - (We are 3 weeks into this conflict, almost a thousand people have died. We were expecting a UN resolution this week at the United Nations, why is it taking so long ?). Nous sommes à la troisième semaine de ce conflit, près d'un millier de personnes sont mortes. Nous attendions une résolution des Nations unies cette semaine, pourquoi cela prend-il autant de temps ?

R – Nous souhaitons le plus vite possible une résolution du Conseil de
sécurité. Et d'ailleurs, nous avons fait une proposition, actuellement en
circulation entre les différents pays, qui présente un calendrier
diplomatique précis, à commencer par une cessation immédiate des hostilités.

Q - (So you are frustated by how long it's taking ?) Alors vous êtes déçu par le temps que cela prend ?

R - Vous savez, lorsque l'on connaît les chiffres que vous êtes en train
d'évoquer : un million de personnes déplacées, 210.000 réfugiés, des
centaines de morts, des drames comme celui de Cana, une violence
extraordinaire à Haïfa, due au Hezbollah. On a envie de se dire que toutes
les heures passées, sont des heures perdues.

Q - (So why is it taking so long ? Is it the United States and Britain
dragging their feet in order to buy time for the Israelis ?) Alors, pourquoi
cela prend-il autant de temps ? Est-ce que les Etats-Unis et le Royaume-Uni essaient de gagner du temps pour les Israéliens ?

R - En tout cas j'ai vu avec plaisir, il y a deux jours à Bruxelles, que
l'ensemble de l'Union européenne, y compris le Royaume-Uni, était d'accord pour dire qu'il fallait une cessation immédiate des hostilités.
Je remercie Margarett Becket d'avoir œuvré pour cela...

Q - (But they didn't call for a cease-fire.) Mais ils n'ont pas demandé un
cessez-le-feu...

R - ...Car il faut bien différencier les choses : cessation immédiate des
hostilités - ce qui est bien inscrit dans la résolution française – et accord
politique nécessaire pour avoir un cessez-le-feu durable.
Ne jouons pas sur les mots. Lorsque vous êtes sur le terrain, lorsque vous
recevez les missiles du Hezbollah à Haïfa ou que vous recevez des bombes israéliennes au Liban-Sud, il est évident que vous voulez que cela s'arrête. Il faut une cessation immédiate des combats. C'est ce que nous demandons en premier.

Q - (Indeed, semantic about cessation of hostilities or immediate cease-fire is merely semantic. Going back to my question, are you of the opinion that the Americans and the Britishs are dragging their feet at the United Nations in other to buy time for the Israelis ?) En fait, c'est une question de sémantique entre cessation des hostilités et cessez-le-feu immédiat. Revenons à ma question, avez-vous l'impression que les Américains et les Britanniques traînent des pieds aux Nations unies pour gagner du temps pour les Israéliens?

R - En tout cas nous travaillons actuellement ensemble, en particulier avec
les Américains, pour trouver un accord le plus vite possible, pour cette
résolution.

Q - (I understand what you would like, Minister. But, what do you analyze is going on right now, are they dragging their feet ?) Je comprends ce que vous voulez, Monsieur le Ministre. Mais d'après votre analyse, est-ce qu'ils
traînent des pieds ?

R - Nous avons travaillé toute la nuit, avec les Américains, pour essayer de
trouver une solution. En vérité où cela bute-t-il ? Cela bute sur un sujet très précis. Nous pensons qu'il n'est pas possible d'envoyer une force multinationale sous mandat de l'ONU, alors qu'il n'y a pas d'accord politique entre toutes les parties qui permette un cessez-le-feu durable. Autrement dit, nous ne voulons pas que nos militaires aillent désarmer le Hezbollah. Tout simplement parce que la solution purement militaire n'est pas possible. Israël s'en rend compte aujourd'hui.

Q - (And yet, the Israeli Prime minister says : "I'll be ready to answer a
cease-fire when international forces are deployed." So, which is going to
come first, a cease-fire or the forces ?) Et pourtant, le Premier ministre
israélien a dit : "Je suis prêt à accepter un cessez-le-feu quand les forces
internationales seront déployés." Alors, qu'est-ce qui va venir en premier ?
Le cessez-le-feu ou les forces internationales ?

R - C'est exactement ce que je veux vous dire. C'est le sujet actuel.
Certains voudraient que l'armée israélienne puisse s'arrêter et qu'elle soit
remplacée par une force internationale chargée de faire appliquer la
résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies, c'est-à-dire le
désarmement du Hezbollah. Mais je vous le répète, et je vous le répèterai probablement encore pendant les prochaines minutes : nous ne pensons pas qu'il existe une solution purement militaire au désarmement du Hezbollah. Pourquoi ? On s'en rend compte aujourd'hui, les Israéliens qui connaissent chaque mètre carré de cette région du monde n'y arrivent pas rapidement et facilement. Comment voulez-vous qu'une armée étrangère, qui ne connaît pas le terrain aussi bien que l'armée israélienne, puisse y arriver ? A l'inverse, nous pensons que nous pouvons participer à une force internationale dès l'instant où il y aura
un accord politique.

Q - (You said you were going to participate, are you going to lead it ?) Vous avez dit que vous allez y participer. Allez-vous la commander ?

R - Nous sommes prêts, le moment venu, au moment où il y aura un accord
politique, à participer à cette force. J'ai vu que les Britanniques et les
Américains ne souhaitaient pas y participer, tout comme les Allemands. Nous, parce que nous avons des relations séculaires, historiques, de cœur, avec le Liban, nous pensons que nous pourrions y participer à une condition, permettez-moi de le redire : qu'il y ait d'abord un accord politique. Il faut un préalable, car sinon, c'est mettre le doigt dans un engrenage extrêmement dangereux. Nous ne voulons pas vivre une situation à l'irakienne. Ce qui se passe en Irak, ce n'est rien d'autre qu'une communautarisation du conflit. Nous n'en voulons pas.

Q - (Well on that question, how much stomach does the French public have for all of this, because in 1983 many people will remember the 58 French paratroopers who died in a terrorist attack ?) Justement sur cette question, jusqu'à quel point l'opinion publique française pourrait endurer cela, car beaucoup de monde se souviendra de la mort de 58 militaires français dans une attaque terroriste en 1983.

R - Aujourd'hui, nous sommes dans une situation radicalement différente.
C'est bien tout le problème. Ce qui se passe dans le monde, depuis trois ou quatre ans - et je m'en suis rendu compte puisque je suis allé trois fois en dix jours à Beyrouth, lorsque j'ai fait une tourné au Proche-Orient - c'est une radicalisation de plus en plus forte des opinions publiques, des deux côtés, que ce soit l'opinion publique arabe, ou que ce soit l'opinion
publique israélienne. Attention à ne pas transformer progressivement ce conflit, après une déstabilisation du Liban, en un conflit entre le monde musulman et l'Occident. C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas voulu que le force multinationale soit commandée par l'Otan, comme cela avait été demandé au départ par certains. Nous préférons que ce soit une force multinationale sous mandat de l'ONU. Attention à ne pas provoquer une guerre de civilisations.

Q - (I hear you on that point. Now what about then the constitution of the
forces, do you need Muslim troops, if this is not going to turn into
something that people in the region would see as war civilizations ?) Je vous ai compris sur ce point. Maintenant quant à la constitution de la force
internationale, allez-vous intégrer des troupes islamiques, si vous ne voulez pas que cette guerre soit vue dans la région comme une guerre de
civilisations ?

R - C'est évident. Il faudra que les troupes présentes dans cette force
multinationale ne soient pas uniquement européennes. Il faudra trouver des forces qui font partie du monde musulman modéré.

Q - (You said you are going to help the Lebanese disarm Hizbolah last year, resolution 1559, everyone was behind it. That was not a position of conflict, when not a thousand have died. How possible is it going to be now ? The Lebanese govnerment is not simply in position to disarm Hizbolah.) Vous avez dit que vous alliez aider les Libanais à désarmer le Hezbollah l'année dernière, dans la résolution 1559, tout le monde était d'accord. Ce n'était pas une situation de conflit, ce n'était pas une situation où mille personnes sont mortes. Comment cela peut être possible maintenant ? Le gouvernement libanais n'est simplement pas en position de désarmer le Hezbollah.

R - Nous avons été les co-auteurs de la résolution 1559, avec les Américains, essentiellement. Je peux donc vous dire que tout le monde connaît l'objectif, qui est le désarmement du Hezbollah. Les moyens sont politiques, ils ne sont pas militaires. Nous l’avons écrit dans la résolution 1559. Vous avez raison: le gouvernement Siniora n'a pas été capable de mettre en œuvre la résolution 1559. En revanche, le gouvernement Siniora vient d'établir un plan en sept points qui a été accepté à l'unanimité par tous les membres du gouvernement libanais, y compris par les membres du Hezbollah. Ce sont les Accords de Taëf, qui prévoient, notamment, le désarmement des milices. Bien entendu, on peut dire que le Hezbollah est d'accord, puisqu'il participe aujourd'hui au gouvernement libanais.

Q - (So this is a terrorist organization which has to be disarm. In the words of George Bush, saying the root cause of the current instability is terrorism and terrorism's attacks on the democratic country. The world must deal with Hezbollah.) C'est une organisation terroriste qui doit être désarmée. D'après George Bush, l'origine de cette instabilité est le terrorisme et les attaques terroristes sur un pays démocrate. Le monde doit prendre en compte le Hezbollah?

R - J'observe d'abord avec plaisir qu'aux Etats-Unis, il y a eu à plusieurs
reprises, cette année, des articles à la une des journaux, pour expliquer que la France était un des plus grands alliés, sinon le plus grand allié des
Etats-Unis, dans la lutte contre le terrorisme. Mon pays est donc totalement mobilisé dans la lutte contre le terrorisme. Mais si vous voulez éviter le terrorisme, la meilleure solution, c'est déjà de comprendre la civilisation, la culture, d'écouter les plaintes, les humiliations et les peurs des pays d'où elles viennent. C'est important.

Q - (And do the American understand all of that ?) Est-ce que les Américains comprennent tout cela?

R – Je l'espère, et de toute façon on est obligé de le comprendre. Je me
souviens d'ailleurs du discours de Condoleezza Rice à l'université du Caire,
sur la diversité culturelle, l'échange nécessaire entre les civilisations. La
guerre des civilisations, la guerre des cultures est quelque chose qui nous
menace. Il ne faut pas y croire, il faut la combattre au maximum, d'abord par des moyens politiques.

Q - (It sounds like it's going to take a long time, when do you going to get
the forces on the ground ?) Il semble que cela va prendre du temps. Quand allez-vous avoir la force internationale en place?

R - C'est la raison pour laquelle nous sommes sur le terrain, Condoleezza
Rice, les autres ministres des Affaires étrangères. Parce que tant qu'il y
aura un espoir de paix, il faut le poursuivre.】

(その2へ続く)
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by vwpolopolopolo | 2006-08-09 21:30 | 日常生活